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Dans certains vignobles suisses, des vignerons expérimentent l’écopâturage avec des cochons Kunekune, une petite race originaire de Nouvelle-Zélande. Dociles et majoritairement herbivores, ces cochons jouent un rôle multiple : ils broutent l’herbe entre les rangs de vigne et contribuent ainsi à l’entretien de la végétation, fouillent légèrement le sol, dérangent les mulots et apportent de la matière organique, enrichissant naturellement les sols.
Pour en savoir plus sur ces cochons pas comme les autres, nous avons posé quelques questions à Antoine de Mestral. Le vigneron du Domaine de Maison Blanche à Mont-sur-Rolle revient sur son passage au bio, les transformations observées dans ses vignes et l’intégration des cochons Kunekune, à travers ses observations et son expérience sur le terrain.
Lorsque j’ai rejoint le domaine familial en 2015, j’ai pris le temps d’observer les sols, la vigueur des vignes et toute la vie qui entoure les parcelles. Petit à petit, j’ai compris que certaines pratiques pouvaient fragiliser ces équilibres et rendre la vigne plus dépendante.
En parallèle, je me suis formé au soin des plantes par les plantes et aux plantes bio-indicatrices. Ces expériences ont profondément nourri ma réflexion et m’ont donné envie d’aller plus loin. Au fond, c’est surtout la curiosité et l’envie d’apprendre avec la nature qui m’ont guidé dans cette démarche.
Il y a aussi eu une vraie prise de conscience l’envie de produire des vins plus vivants, qui reflètent pleinement leur terroir, tout en respectant l’environnement et la santé de celles et ceux qui travaillent dans les vignes et de ceux qui les boivent.
La conversion au bio en 2020 s’est alors imposée comme une évidence, dans la continuité de ce cheminement. Enfin, c’est aussi une question de responsabilité en tant que nouvelle génération, il me tient à cœur de préserver ce patrimoine pour les années à venir, en accompagnant les équilibres naturels plutôt qu’en les contraignant.
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Oui, assez rapidement. On observe des sols plus vivants, plus souples, avec davantage de vie microbienne et de vers de terre. La vigne est aussi plus équilibrée, et on voit revenir une biodiversité plus riche dans les parcelles. Globalement, on sent que le système devient plus autonome et plus résilient.
Aujourd’hui, on en a deux. Leur rôle est multiple ils participent à l’entretien du clos de Maison Blanche en mangeant l’herbe, en fouillant légèrement le sol et en dérangeant les mulots. Ils apportent aussi de la matière organique, ce qui enrichit naturellement les sols.
Très bien ! Ils sont toute l’année dans la parcelle, et il n’y a pas de risque la vigne ne les intéresse pas. Il faut rappeler que pour eux, lever la tête demande un effort.
En revanche, il faut faire attention lorsque le raisin devient sucré, car là, ils sont comme nous ils adorent ça ! À ce moment-là, on les déplace dans nos minages pour la période des vendanges.
Ce sont des animaux assez doux, résistants et très malins, ce qui permet presque de les dresser comme des chiens.
Les points de vigilance, je dirais surtout faire attention aux fortes chaleurs, qu’ils supportent moins bien, et bien gérer les périodes proches des vendanges.
Oui, mais pas de manière systématique. C’est une pratique qui demande de l’observation et de l’adaptation. Elle fonctionne surtout bien dans des vignobles où l’on a de l’espace et où l’on cherche à diversifier les approches et à intégrer davantage le vivant.
Mais attention, comme on dit, l’herbe est toujours plus verte ailleurs : ils aiment explorer ! Si vous avez un clos, c’est toujours plus simple à gérer qu’avec des clôtures électriques.
Oui, lors de nos premières vendanges avec eux, mon papa arrive le lundi matin et me dit : « Je crois que les cochons aiment bien le raisin ! »
Comme dit un proverbe russe : « Fais confiance, mais vérifie quand même. » Je me dirige vers la vigne, et là je me rends compte qu’ils n’aiment pas le raisin… ils l’adorent !
Ces articles ne sont pas seulement des alertes : ils traduisent un effort de vulgarisation et d’information qui permet à chacun·e de comprendre des enjeux techniques et d’agir en connaissance de cause.
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